"les limites et les paradoxes du réalisme scientifique"

Hilary Putnam, un philosophe américain renommé, a contribué de manière significative à la philosophie des sciences, en particulier au débat sur le réalisme scientifique. Le réalisme scientifique, dans son sens le plus général, est la position selon laquelle le monde décrit par la science est le monde réel, indépendamment de ce que nous pouvons en savoir.

Putnam a souligné plusieurs limites et paradoxes inhérents au réalisme scientifique, qui pourraient se résumer en trois grandes catégories :

Le paradoxe du miracle : C'est l'un des arguments les plus célèbres de Putnam en faveur du réalisme scientifique. Selon lui, le succès de la science serait un miracle si la théorie scientifique n'était pas, au moins dans une certaine mesure, vraie. Pourtant, ce point de vue a lui-même des implications paradoxales. Par exemple, de nombreuses théories scientifiques du passé qui étaient considérées comme réussies ont été remplacées ou réfutées. L'exemple classique est la transition de la physique newtonienne à la relativité. Le paradoxe ici est que si nous croyons que la science actuelle est vraie parce qu'elle est réussie, alors nous devrions également croire que la science passée, qui a été tout aussi réussie à son époque, est également vraie, même si elle contredit la science actuelle.

Le problème de l'indétermination de la traduction : C'est un concept qu'il a emprunté à Willard Van Orman Quine. C'est l'idée que des théories empiriquement équivalentes peuvent interpréter les données de manière radicalement différente, ce qui met en doute la capacité de la science à accéder à une vérité unique et objective. Par exemple, la théorie de la gravitation de Newton et la théorie de la gravitation d'Einstein prédisent toutes deux avec précision le mouvement des planètes, mais elles le font en utilisant des concepts et des cadres théoriques fondamentalement différents.

Le problème de la référence : C'est une autre critique philosophique que Putnam a formulée à l'égard du réalisme scientifique. En gros, le problème est que nos concepts scientifiques évoluent avec le temps, donc ce que nous voulons dire quand nous parlons d'atomes, par exemple, n'est pas la même chose que ce que les anciens Grecs voulaient dire quand ils parlaient d'atomes. Cela soulève la question de savoir comment nous pouvons prétendre que nos théories sont vraies dans le sens où elles correspondent à la réalité, lorsque ce que nous entendons par ces théories change constamment.

Ces paradoxes et limites montrent les difficultés inhérentes à toute tentative de compréhension précise et détaillée du monde à travers la science. Ils n'écartent pas la valeur de la science, mais ils illustrent comment sa nature changeante et son interprétation peuvent être plus complexes que ce que le réalisme scientifique suggère initialement.

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